autonomie financiere

Le Passif du bilan présente des ressources financières à long terme et des ressources à court terme. Outre leur terme d’exigibilité, l’origine des ressources détermine un rapport de force : « celui qui paie, décide ! ».

L’analyse des ressources financières permet de savoir qui tire les ficelles de l’entreprise : selon le principe du « qui paie décide », c’est celui qui risque le plus d’argent dans une affaire qui a le dernier mot. Dès lors que l’endettement est disproportionné par rapport au fonds propres, le rapport de force fait que les actionnaires perdent la main au profit des tiers qui financent leur entreprise. Voilà pourquoi, en l’absence de cautions, aucun banquier ne risquera plus d’argent que vous-même dans votre société : il en deviendrait, de facto, le patron.

Disposer de beaucoup de ressources durables est pratique car les dettes à long terme, c’est de l’argent qui peut être investi sans se soucier de la nécessité de devoir le rendre bientôt au prêteur.

Le ratio d’autonomie financière

L’autonomie financière d’une entreprise (voir illustration ci-dessus) se mesure par la proportion de ressources financières qui dépend des propriétaires de l’entreprise.
Lorsque la proportion de dettes est supérieure à la part des fonds propres, dans le total du Passif du bilan, on présente le ratio d’endettement, et non le ratio d’autonomie financière. Bien entendu, le premier ratio est la complémentaire du second.

La mise des propriétaires indique leur confiance

La mise des actionnaires propriétaires de l’entreprise est un indice important sur la confiance que ceux-ci ont dans l’avenir de leur propre société. En effet, les actionnaires sont les derniers remboursés, en cas de dissolution de l’entreprise ; le risque de perte du capital investi est l’essence même du risque entrepreneurial. Au plus leur mise (les capitaux propres) est importante, au plus ils risquent de perdre, en cas de défaillance de l’entreprise.

Les capitaux permanents

Mais les fonds propres, apportés par les propriétaires ne sont pas les seules ressources durables possibles. Si un banquier accorde un prêt dont le remboursement s’échelonne sur plusieurs années, il prend, lui aussi un risque sur le long terme. Les emprunts à long terme complètent les fonds propres pour constituer ce qu’on appelle les capitaux permanents, parce que cet argent est mis à disposition de l’entreprise pour un temps long.

Formez-vous à la lecture des états financiers d’une entreprise
Il suffit de savoir additionner, soustraire, multiplier et diviser pour suivre la logique des ratios d’analyse financière.

Lors de la création d’entreprise, n’oubliez pas que ce sont les capitaux permanents qui permettent de faire face aux dépenses de la société, avant que la recette des ventes ne remplisse les caisses. Voilà pourquoi tous les spécialistes voudront savoir si les ressources durables présentées sur un business plan sont suffisantes pour financer le début d’une activité nouvelle. Les financiers parlent de recherche du point mort, ou point d’équilibre, en lien avec le seuil de rentabilité ou chiffre d’affaires critique.

THIERRY GOEMANS

Les dettes

Après l’argent des actionnaires et celui versé par les clients, il n’y a que deux autres sources pour financer une entreprise : les subventions, et, bien sûr, les dettes.

Au-delà des capitaux permanents, donc, les autres ressources de l’entreprises sont, en général, des dettes remboursables à court terme (fournisseurs, salariés et caisse sociales, TVA, facilités de trésorerie, etc.).

Contrairement aux capitaux permanents, qui sont des ressources durables, les dettes à court terme sont des sommes qui ne peuvent pas être durablement employées par l’entreprise puisqu’elles doivent être remboursées rapidement à tous les créanciers qui constituent ce crédit de court terme.

Retrouvez, sur ce blog, tous les articles de notre série consacrée à la lecture du bilan des entreprises.

 

 

La comptabilité dit qui tire les ficelles d’une entreprise