Cet article de notre série “Monter un business plan” traite de la nécessité du plan d’affaire dans les projets de création d’une entreprise sociale et solidaire. On va parler d’impact et de mission, en plus de parler de gestion, d’opérations et d’argent.

Business plan - ESS

Un projet d'ESS nécessite un business plan classique

Décrire l’idée et la vision des porteurs de projets, exposer la stratégie, décliner la liste des moyens nécessaires et les ressources humaines ou financières affectées à la future entreprise est un passage quasi obligé, pour les porteurs de projets, quels que soient les buts et l’activité prévue. Il s’agit d’un cheminement d’abord informel, de recueil d’informations, de temps de réflexions et d’études de faisabilité qui déboucheront sur l’élaboration d’un modèle d’affaires pertinent. Une fois peaufiné, le business plan servira à chaque fois que ce sera nécessaire, à convaincre ou entraîner l’adhésion des partenaires et soutiens indispensables.

Retrouvez ici les autres articles que nous avons consacrés à la conception d’un business plan complet.

Décrire l'impact d'une ESS

Se revendiquer porteur de projet dans l’économie sociale et solidaire peut être “hype“. Toujours est-il que l’appartenance à ce segment de l’économie est réservée aux entreprises dont la mission, la stratégie et les actions sont orientées vers une création de valeur dont l’impact porte résolument sur des valeurs environnementales, ou sociales, plutôt que sur la rentabilité au profit des propriétaires de l’entreprise.

Comme les entrepreneurs de l’économie classique doivent, par la présentation d’un business plan cohérent, apporter la preuve que leur startup sera pérenne et rentable, les acteurs de l’ESS devront, en plus, expliquer en quoi leur stratégie et leurs plans d’actions seront profitables en termes de valeurs sociales et solidaires. Autant le dire : pour crédibiliser un projet d’ESS, on travaille encore plus que lorsqu’on monte le business plan d’une entreprise classique. Les critères à prendre en compte dépassent les traditionnels enjeux opérationnels et financiers propres aux entreprises strictement “capitalistes”.
En matière d’impact social et solidaire, de simples déclarations d’intention ne suffiront pas à établir la pertinence du projet. Les organismes, privés ou institutionnels qui subventionnent les entreprises opèrent en général une sélection minutieuse en fonction des objectifs qu’eux-mêmes poursuivent en concourant à l’essor de l’économie sociale et solidaire.

Sur le site Granny Geek, une ESS dédiée à l’acculturation du public senior à l’univers numérique et à l’accompagnement et l’assistance à distance des seniors dans le monde digital, Florence Durif, co-fondatrice, explique qu’il est indispensable de piloter les impacts dans un tableau de bord de suivi qualitatif, quantitatif et monétaire, pour s’assurer que l’entreprise respecte bien le parcours opérationnel qui convient à la concrétisation de sa mission.
Comme dans une entreprise “ordinaire” les indicateurs de gestion portant sur les mesures d’impact permettent aux dirigeants de l’ESS de s’assurer que la stratégie délibérée est mise en oeuvre et que les actions opérationnelles qui en découlent produisent les effets attendus.

 

Le gestion d'une ESS c'est cool ?

Que ce soit en amont de la création de l’ESS, lors de la rédaction du business plan, lors de l’amorçage des activités ou ensuite, lors de la période de croisière, on pourrait penser que la gestion d’une ESS repose sur des principes simplifiés, par comparaison avec une entreprise de l’économie traditionnelle.
L’ argument qui entretient les porteurs de cette idée reçue dans leur illusion est que l’objet de l’ESS n’est pas la recherche de bénéfices financiers. Certains croient, à tort, pouvoir s’affranchir des réalités ingrates de la gestion.
Je parle d’illusion car, qu’on le veuille ou non, l’argent est dans tout : il en faudra, toujours en suffisance, pour appliquer la stratégie de l’ESS et, par conséquent, la question des ressources financières et de la gestion économique est aussi prégnante dans l’économie solidaire que dans le commerce à but strictement lucratif.

Donc, non, la gestion financière, la maîtrise du risque entrepreneurial et les questions opérationnelles ne sont pas plus simple dans l'ESS que dans les entreprises plus traditionnelles. Dès la phase de réflexion autour du business plan, les créateurs d'une ESS devront non seulement démontrer que leur projet relève bien de l'économie sociale et solidaire, mais aussi, rassurer sur leur capacité à réunir les moyens matériels et humains nécessaires et à gérer l'argent utile pour mener à bien leur vertueuse mission.

Piloter la stratégie de l'ESS

Je rajouterai un mot concernant la gestion d’une ESS : tenir un tableau de bord de gestion y est aussi indispensable qu’ailleurs. Ce tableau de bord de pilotage doit comporter des indicateurs de gestion pertinents, non seulement pour vérifier le respect de la stratégie délibérée, mais aussi, par l’analyse des écarts sur prévision, pour mettre à jour la stratégie émergente, c’est-à-dire celle qui apparaît lors de l’observation des paramètres opérationnels relevés sur le terrain. En effet, reconnaître une stratégie émergente, c’est se donner une chance de tirer parti de résultats positifs obtenus par accident et, bien sûr, de couper court aux pratiques opérationnelles spontanées mais dont les effets sont jugés néfastes, pour la mission.

Les hypothèses justifiées dans un business plan se révèlent rarement exactes, notamment en matière financière. C'est surtout l'étude de la cohérence de l'ensemble qui est évaluée par les spécialistes. En matière d'ESS, le plan d'affaire devra être d'autant plus abouti que les facteurs clés de succès sont plus nombreux et plus divers que dans le commerce à but juste lucratif. Les performances sont aussi plus compliquées à quantifier objectivement. Florence Durif cite , par exemple, la difficile mesure de la prise d'autonomie ou l'amélioration du bien-être d'une personne bénéficiaire des service de son ESS.

THIERRY GOEMANS

Conclusion : on n’a pas deux fois l’occasion de faire bonne impression.

Réaliser un bon business plan, cela s’apprend. Je propose une formation, étape par étape, pour vous permettre d’être ensuite à l’aise dans la méthode de réflexion, puis dans la mise forme de votre business plan complet, afin de rendre celui-ci crédible.

Pour découvrir les parties d’un business plan qui s’ajoutent traditionnellement au plan financier, lisez Structurez un business plan complet en 8 étapes.

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Economie sociale et solidaire : faut-il rédiger un business plan ?